[VIDEO] Eric McFADDEN en Session + Interview

IMG_0835

Quelques heures avant sa date au café de la danse, j’ai eu l’occasion de rencontrer Eric McFADDEN.
Cet homme simple mais virtuose de la guitare m’offrira deux morceaux en acoustique dont un de son nouvel album « Bluebird On Fire ».
Après la pression du réglage du matériel, c’est parti. L’environnement laissera encore ces traces sur le deuxième morceaux où des serpents électriques (perceuses) viendront accompagner le morceaux.

Hangin Moon

Devil moon

Eric McFadden : BLUES ET SON CONTRAIRE

Bercé par les accents vaudou de sa guitare, le nouvel album solo d’Eric McFadden marie autant des morceaux de blues que des titres rock aux consonances psychédéliques tout droit sortie de son esprit tortueux. Nonchalant, vissé à sa guitare, entre deux anecdotes, il se livre à des réflexions philosophiques (sic) sur la vie, l’amour, la mort, les oiseaux et la musique…

Tu as ta guitare avec toi, on m’a dit que tu dormais avec ! Combien de temps peux-tu rester sans elle ?
Et bien, cela m’arrive souvent en fait… Quand je voyage, elle est au-dessus de moi. Quand je me douche, je ne joue pas de guitare… (rire)

Cet album mélange funk, blues traditionnel, rock psychédélique… Comment est venue l’idée de mixer toutes ces choses ?
C’était un accident, vraiment. D’abord, j’avais l’intention de faire un album de blues, mais je dois avouer que je me suis laissé distraire suffisamment pour m’écarter de l’objectif ! Alors, je me suis mis à écrire tout ce qui me venait, sans chercher à comprendre. Certaines chansons sont effectivement des blues traditionnels comme ‘Two Graves’ ou ‘Mojo Bag’. Je pense que c’est, malgré tout, un album très blues : ma propre conception et interprétation de ce qu’est le blues. Cela vient du même endroit, de l’agonie de la vie, de la souffrance et de la révélation que cela nous apporte. Car, de la souffrance, on gagne un savoir, une expérience. Cela nous aide à grandir… La souffrance a de la valeur finalement.

Cet album est plus rock que tes précédents albums solos…
Oui, bien plus. Je suis revenu à ce que je suis. J’ai toujours été très rock dans mon cœur. Donc, je suis revenu à cela, mais avec une approche différente.

Pourquoi accidentel ?
On commence quelque chose avec une intention particulière et parfois cela suit son propre cours. Tu perds le contrôle de tout ce sur quoi tu es tombé par hasard et cela prend une nouvelle direction. Tout est accidentel. J’étais un accident, c’est ce que ma mère m’a dit. (rire) J’ai vraiment passé un super moment à faire cet album car c’était très spontané, les chansons ont été terminées au studio quelques instants avant l’enregistrement. Et j’ai bien fait attention à ce que les autres musiciens ne les connaissent pas avant qu’on les joue. (rire)

Combien de temps se passe-t-il entre le moment où tu as l’idée de la chanson et le moment où tu l’enregistres ? Car tu es très productif, j’imagine que cela se passe très vite.
On a pris deux ou trois jours en fin de novembre dernier, jusqu’au premier décembre, c’est mon anniversaire. On enregistrait à Joshua Tree dans le Rancho de la Luna qui appartient à Dave Catching qui joue dans les Eagles of Death Metal. Un type super, un studio vraiment génial qui a de bonnes vibrations en plein dans le désert de Joshua Tree qui est un de mes endroits préférés. On a passé un super moment. Il fait un rôti délicieux, il a des tas de super jouets, des amplis et des guitares. Ma préférée était une vieille guitare signée par Willie Dixon. On a passé quelques jours là, et Norwood Fisher de Fishbone, Wally Ingram, Abby Travis, qui a joué avec les Bangles et accompagne maintenant les Eagles Of Death Metal, sont venus enregistrer. On a eu plus de plaisir qu’on le méritait. (rire) C’était vraiment spontané parce qu’ils ne connaissaient pas les chansons avant de venir. Je leur ai montré et quelques minutes après on commençait l’enregistrement. Certaines chansons ont été terminées autour de la table de la cuisine, parce que le mieux parfois c’est d’être le moins préparé possible. Cela a été la première session. Un mois ou deux après cela, on est allé au studio Prairie Sun, qui est une ancienne ferme spécialisée dans l’élevage de poulets et où Wally et moi avons enregistré Alektorophobia ainsi que le dernier Stockholm Syndrome, Apollo. Tom Waits a aussi enregistré plusieurs albums là-bas, mon bassiste, James Whiton, joue avec lui en ce moment, d’ailleurs. Dave Schools et Paulo Baldi ont participé à ces enregistrements, Paulo qui lui accompagne Cake. Cela a été une session magique aussi, entouré de poulets. Delphine a aidé à la production au travers de sa société, Phyne Entertainment. Et bien sûr, Eric Coubard de Bad Reputation a été d’une grande aide et ces deux entités travaillent maintenant ensemble pour m’aider, puisque je suis apparemment incapable de faire quoi que ce soit tout seul. Enfin, nous sommes allés au studio Robot Recording de San Francisco pour enregistrer quelques chansons et mixer le tout. Voilà les trois lieux clés qui ont permis de donner naissance à ce qu’on continue d’appeler un album. Mais je suis heureux du résultat, considérant le fait que je ne suis jamais entièrement satisfait.

T’arrive-t-il de retomber sur une de tes vieilles chansons et de te rendre compte que tu l’avais oubliée ? Et d’ailleurs, que penses-tu en réécoutant tes anciens disques ? Penses- tu qu’il y ait une certaine forme de logique dans ton parcours, que ces disques étaient les prémices de ton travail actuel ?
Oui, c’est amusant quand on redécouvre ce que l’on a fait et qui nous a conduit à être ce que nous sommes. Il se passe tellement de choses que l’on ne peut pas tout retenir, c’est difficile de se rappeler tout ce qui se passe. J’ai l’impression que je peux à peine me rappeler de ce qui s’est passé la semaine dernière… Mais beaucoup de ce nouvel album vient de cela, de la redécouverte du passé avec une approche différente, une nouvelle interprétation. Il y a tellement de variables, en plus de l’âge, de l’expérience, de ce qui nous arrive, de quelle combinaison de drogues tu as pris… Moins je prends de drogues et plus je suis confus, voilà ce qui explique mon état actuel ! (rire) Mais on ne sait jamais combien de temps ces choses-là vont durer. Je fais mon maximum pour profiter de cet état de confusion dans lequel cela me plonge actuellement et j’espère que cela apportera une sorte de nouvelle folie inspiratrice. Je me sens à l’aise uniquement en dehors de ma zone de confort.

Tu écris tout le temps en fait ?
Oui, à part pour les moments où je n’écris pas ! Mais c’est vrai que dès que j’ai une chance de pouvoir écrire, ce qui est difficile à la maison parce qu’il y a trop de choses pour me distraire… Ici, c’est plus facile, parce que je ne suis pas à la maison. J’adore vraiment tout le processus d’écriture. Je ne saurais pas le décrire, qui pourrait ? C’est mieux de ne pas se demander ce qui se passe à ce moment là car cela nuit à la création. Se demander si c’est bon ou si c’est ce genre de chanson ou ce genre là… C’est inutile. Il faut juste écrire ce qui nous vient et s’occuper de tout cela après. D’abord, il faut le laisser venir à toi. Cet album était exactement comme cela. Même si j’avais des intentions initiales, parfois les choses se passent différemment que prévu.

On a l’habitude de dire que tout dans la vie est source d’inspiration…
Oui, c’est tout à fait vrai.

As-tu un exemple précis d’un événement, une rencontre ou quoi que ce soit qui t’ai inspiré une chanson ?
Pour cet album, l’inspiration m’est surtout venue des souffrances que je me cause à moi-même ou aux autres et du fait de réaliser que… Oh non, c’est peut être trop personnel ?! Peut être que je ne veux pas admettre ces choses. Malheureusement, tout cela est déjà dans les chansons donc il n’y a aucun moyen d’échapper à cette vérité. En tout cas, voilà d’où l’inspiration m’est venue cette fois-ci. Cela parle du fait d’essayer de vivre, de s’en sortir, de faire les changements qui sont nécessaires pour remédier à ces situations. Parfois, quelqu’un dit une chose qui va déclencher une émotion, un souvenir ou même une idée. Parfois, ce n’est que spéculation, je me mets dans la tête de quelqu’un d’autre et je monte un scénario. Comme pour la chanson ‘Two Graves’. Si c’était vrai que j’avais tué ma femme et mon meilleur ami, je ne l’aurais probablement pas écrit dans une chanson ! As-tu déjà fait une chose pareille ? As-tu déjà tué quelqu’un ?

Non, jamais !
Mais, même si tu l’avais fait, tu ne le dirais pas en public, n’est-ce pas ? De la même manière que je n’admettrais jamais d’avoir tué ma femme et mon meilleur ami dans une chanson… Et ne t’avise pas de le répéter à qui que ce soit ! (rire)

Oui, bien sûr ! Plus sérieusement, même quand cela est fictionnel, est-ce qu’il y a un moment précis, marquant, qui te revient en tête quand tu penses à la création d’une chanson ?
Il y a tellement de situation comme cela… Une fois, j’étais en Tunisie avec George Clinton et une navette nous conduisait jusqu’au lieu du concert. Elle allait très vite et il y avait beaucoup de vent sur la route. On avait un peu peur pour nos vies. Soudain, un des véhicules s’est retrouvé à faire un tonneau hors de la route. Certains membres de notre équipe furent blessés, heureusement, ils sont en vie. Ce bus, qui a eu un accident, c’était celui que je devais prendre à la base. Ce moment là… Je me suis mis à penser à ma propre mortalité et cela a déclenché beaucoup d’idées de chansons qu’on peut retrouver dans ‘Train to Salvation’. Des chansons sur les trajets de vie et la mortalité. Je pense que chaque moment de ma vie participe à la création de mes chansons. Ce moment là tout autant que lorsque l’on est assis seul dans l’obscurité de sa chambre… Tout ce qui nous amène à un certain point de notre vie, les bons et les mauvais souvenirs. La plupart des œuvres d’art les plus géniales ont été créées dans la tragédie, la souffrance. Ce qui ne veux pas dire que je cherche à souffrir davantage que je n’ai souffert ! Je ne pense pas qu’il soit nécessaire que quelqu’un souffre pour faire de bonnes chansons ! (rire) Mais, même quand je dis ça, je me demande à quel point c’est vrai… Il y a une part de moi qui sabote ma vie pour créer ce genre de situations. C’est dur de penser cela, d’admettre que cela puisse être vrai… (rire) J’essaye de remédier à cela du mieux que je puisse !

Penses-tu vraiment que tu ne puisses pas écrire de chanson sans souffrir en amont ?
Il m’est arrivé d’écrire des chansons alors que j’étais parfaitement heureux dans ma vie, donc je sais que c’est possible. En fait, il y a même une chanson sur cet album que j’ai écrit alors que je me sentais… Non, je me trompe. (rire) Ma vie n’a pas toujours été très rose, comme pour ma mère. Je suis un peu comme ma mère en fait. Il nous est arrivés des choses dans nos vies qui nous ont beaucoup influencées. Nous résultons de tout cela. Je pense à toutes ces choses traumatisantes, ou à mon enfance, aux expériences de ma mère. Je comprends d’où vient cette souffrance, cette colère et cette noirceur. Je ne souhaite pas être l’esclave de cette souffrance pour le restant de mes jours ! Toutefois, je ne peux que remarquer que cela m’a permis de créer quelques bonnes chansons et donc je vais continuer à détruire ma vie afin de créer ! (rire) Oh, bon sang, tout cela est absurde !

Tu sembles tout de même beaucoup t’amuser ! Tu crées sans arrêt, quand tu n’enregistres pas, tu es sur la route…
C’est parce que l’on cherche encore à atteindre cet endroit, tu comprends ? On est jamais satisfait, on est jamais fini. Il faut continuer de créer sans jamais s’arrêter. Sinon, on meurt. Il y a toujours de l’humour ça et là dans tout ce que je fais, car c’est ce qui nous sauve. C’est ce qui nous permet de nous sortir des moments les plus sombres de nos vies. Le sens de l’humour… Sans cela, nous sommes morts à l’intérieur.

Firebird c’est aussi un ballet de Stravinsky…
Oh vraiment ? Je ne le savais pas, c’est étonnant.

Ah, donc j’imagine que cela n’a aucun rapport avec l’album …
Non, mais c’est bon à savoir ! Cela m’intrigue, il faudra que je l’écoute !

Dans ce cas, puisque cela n’a aucun rapport avec Stravinsky ni, comme je l’imagine, avec la voiture Firebird, d’où est venue cette image du Blue Bird on Fire ?
Je pense souvent aux oiseaux. C’est probablement une obsession. Mais l’histoire de ce titre vient du fait que le riff de guitare n’a été inventé que la nuit avant que l’on enregistre à Joshua Tree. Je n’avais pas de parole, seulement le riff. On l’a enregistrée le jour suivant avec Abby travis et Wally Ingram et on l’a laissée de coté, parce que je n’avais toujours pas de parole à ce moment là. Quand on m’a demandé comment s’appelait la chanson, je n’avais pas de titre, pas de parole. Je ne savais pas quoi dire et donc j’ai dit « firebird », parce que je l’avais joué sur une vieille guitare firebird de Dave Catching (rire) et les paroles me sont venues naturellement après cela. Je les ai écrites dans l’avion.

C’est vrai qu’il y a beaucoup d’oiseaux dans tes chansons, ainsi que sur tes pochettes d’album…
Oui, c’est vrai comme sur ‘Let’s die forever… together’. J’aime les oiseaux ou plutôt j’aime voler. Au sens figuratif, j’imagine. Les oiseaux sont un grand symbole. Je pense que cela parle à tout le monde. Les gens sont fascinés par l’idée de voler, d’être capable de voler. C’est assez enivrant, essayes, tu verras ! Cela se rapproche de la liberté absolue. Se libérer de toute forme de contrôle, de se libérer même du contrôle de son propre esprit, de ses pensées.

Dans un sens, cela doit être proche de ce que tu ressens sur scène quand tu lâches toute ton énergie dans la musique…
Oui, sur scène, tout ce qui existe à côté cesse d’exister, tout ce qui a de l’importance c’est la musique et la performance. C’est très libérateur effectivement. Une véritable évasion. Je pense que c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on continue de le faire ! Je suis vraiment reconnaissant de pouvoir vivre ces moments-là. Je ne les prends jamais comme étant garantis d’avance et donc j’en profite à fond quand ils arrivent.

Il y a beaucoup de thématiques récurrentes dans tes chansons, les oiseaux en sont seulement une et peut être la plus optimiste d’ailleurs. Hormis cela, on note dans tes chansons la récurrence des trous, des tombes, de la mort, du vaudou… As-tu l’impression que ces thèmes évoluent à travers les années ?
Certains de ces thèmes, de ces métaphores me tiennent depuis longtemps. Il y a des chansons que j’ai écrites, il y a quinze ans, avec ces mêmes thèmes et qui ne reflètent plus du tout ce que je ressens aujourd’hui. C’est effectivement étrange de rejouer ces vieilles chansons et de se dire que l’on ne se sent plus du tout pareil. Mais, c’est comme cela que c’était à l’époque, c’est comme une capsule du passé. J’étais comme ci à l’époque et je suis maintenant comme cela, on change tous !

Lorsque tu réécoutes tes anciennes chansons, trouves-tu une forme de logique à ce que tu es devenu ?
Rien n’a vraiment de sens pour moi donc je ne sais pas. Je n’aurais jamais pu imaginer alors que je serais ce que je suis aujourd’hui. Et je dis cela sans connotation positive ou négative. J’aurais pu être mort, si je n’avais pas changer certaines choses. Je suis chanceux d’être encore en vie et j’ai sûrement été bien plus misérable à certains moments de ma vie que je ne le suis aujourd’hui. Les choses pourraient être pire, mais cela peut devenir encore mieux dans le futur ! Voilà que je deviens optimiste ! (rire) Je ne suis pas habitué… ! Je pense que le meilleur est à venir. Ce qui me garde en vie, principalement, ce sont les gens. Même si on les déteste parfois, parce que certains d’entre eux détruisent la planète et la vie telle qu’on la connaît. Des gens horribles sont responsables de cela mais il y a aussi des personnes tellement formidables. On en rencontre partout et je me sens reconnaissant quand je les rencontre, reconnaissant de leur soutien, de leurs gentillesse… En ce qui concerne les autres personnes, ils peuvent aller se faire foutre ! Toutes ses personnes qui font du profit avec la mort, qui envoient les enfants se faire tuer en se remplissant leurs poches. Ceux qui te découragent de suivre tes rêves, ils tuent probablement leurs propres rêves en premier. Un personne qui te dit de ne pas suivre tes rêves, ce n’est pas un ami. Les rêves, c’est tout ce que l’on a vraiment. Bien sûr, tout le monde est critique. Évidemment, je ne m’attends pas à ce que tout le monde aime ce que je fais… ce n’est pas pour tout le monde ! C’est pour tout ceux qui le veulent, qui le ressentent, qui en on besoin. Ma musique est simplement là pour ceux qui souhaitent l’avoir. C’est comme pour tout, on le fait parce qu’on le doit. Je le fais parce que je le dois. Cela n’a pas d’importance qui l’aime ou qui ne l’aime pas. Je devrais toujours le faire quoi qu’il arrive ! Je suis seulement reconnaissant qu’il y ait des gens qui l’aiment ! (rire) Il faut le faire par amour d’abord, ou alors cela ne sert à rien. Le plus beau cadeau qu’on puisse te faire c’est quand tu te sens connecté à quelqu’un. Quand tu te rends compte que tu as touché quelqu’un, changer sa vie au mieux, grâce à la musique. Même si tu ne lui as donné qu’un bref moment de joie, d’inspiration ou de quoi que ce soit par ta musique, ça c’est un sacré bonus ! Cela te donne deux fois plus envie de vivre… On cherche tous des raisons de vivre, n’est-ce pas ?! Le plus de raisons de vivre possible !

À quel moment une chanson est finie pour toi ? Une fois créée, enregistrée et jouée sur scène, penses-tu que la chanson continue de se créer ad vitam ?
Beaucoup de chansons ont traversé les temps. Bien avant que l’on puisse les enregistrer, les chansons étaient jouées et retenues par d’autres, puis rejouées… Certaines chansons ont traversé tellement de générations avant d’avoir été écrites et enregistrées. On ne peut pas savoir à quel point ces chansons ont pu être changées entre leur création et aujourd’hui. Leur évolution peut avoir touché un mot par ci, une phrase par là, le rythme… On a aucune idée de comment était la chanson à la base ! Et il n’y a aucun moyen de le savoir ! Je pense que cette chanson hypothétique était terminée le jour où le chanteur, ou le musicien l’a joué à une personne. C’était une chanson finie même si elle a évolué par la suite quitte à devenir une nouvelle chanson. Les chansons que j’ai écrites sont terminées, même si, parfois, je les transforme après coup. Soit c’est fini dès la conception, soit ce n’est jamais terminé… Je n’en sais foutre rien ! (rire) C’est comme Bob Dylan, il a écrit des chansons qu’il a passé son temps à changer par la suite ! Il ne les a jamais jouées deux fois de la même façon ! Donc, est-ce que la chanson était terminée et il l’a changée après ou est-ce que la chanson n’était pas terminée à la base ?! Je crois qu’elle était finie et qu’il l’a changée, enfin je pense… Mais, ce n’est jamais fini, tout change tout le temps. Rien n’est jamais fini, je pense… Donc, non, en fait, aucune de mes chansons n’est finie ! Voilà la réponse ! La chanson n’est jamais la même. La version que j’ai enregistré d’une chanson est différente de celle que je vais faire sur scène. Même si c’est la même chanson, ce n’est jamais pareil. Ce n’est pas comme un film. Tu regardes un film et peu importe le nombre de fois que tu le vois, c’est toujours le même film. Ton ressenti peut changer mais pas le film, ni l’album d’ailleurs ! Parfois, il y a des chansons qui te font pleurer parce qu’elles te rappellent un moment de ta vie particulier, parfois des chansons te font pleurer parce que ce sont des chansons vraiment très tristes.

Une chanson enregistrée sur album serait donc plus comme une photo de la chanson que la chanson elle-même…
Oui, on ne peut pas capturer une chanson, comme si je prenais une photo de toi maintenant, ce ne serait pas toi dans ton intégralité, mais juste une image de toi… Cela m’est déjà arrivé qu’entre le moment où j’écrivais une chanson et le moment où elle était enregistrée, les paroles avaient changé. Mais, dans la pochette de l’album, c’était encore les anciennes paroles qui étaient écrites. Je me rappelle qu’Éric Coubard m’avait fait la remarque que je ne chantais pas ce qui était marqué dans le livret ! C’était les paroles à cette époque, mais quand je l’ai enregistré, je me suis dit qu’il valait mieux dire cela à la place ! C’est la seule constante dans la vie : le changement.

On te voit souvent à paris, tu aimes cette ville à ce point ?
Tu sais quoi, je vais répondre honnêtement à cette question… (après une hésitation) Est-ce que cela implique que je n’ai pas répondu honnêtement jusque-là ?

Non… ?
Bien ! J’adore vraiment venir à Paris, c’est l’une de mes villes préférées au monde. Je suis heureux de pouvoir y venir aussi souvent. Et c’est une belle journée aujourd’hui !

Benzedrine.

© Jonctures.com 2012 Tous droits réservés.